Adaptation au dérèglement climatique : retour du festival DÉCROISSANCE 2025 L'adaptation n'est pas un plan B : cela doit devenir notre projet commun.

De retour de DÉCROISSANCE LE FESTIVAL de Saint-Maixent-l'École, un lieu rare où se confrontent pensées critiques, radicales et récits de transformation, nous revenons avec une conviction : l'adaptation au dérèglement climatique n'est ni une évidence technique, ni une parenthèse temporaire - c'est un projet politique, un changement de civilisation.  

Un festival frontal et bienveillant

Ce week-end, j'ai eu le plaisir de participer à DÉCROISSANCE LE FESTIVAL.

Un lieu rare, à la fois frontal et bienveillant, où se confrontent pensées critiques, radicales et récits de transformation.

Ce que je retiens ? Beaucoup de rencontres, d'échanges, des ateliers dans lesquels j'ai vécu des moments uniques, des propos inspirants, beaucoup d'espoir et d'envies.

Un merci appuyé aux organisateurs et aux intervenants, dont Michel Lepesant, Magali Telga, Vivian Dépoues, Alexandre Florentin, Nadège Perino-Chinchin, le collectif Adaptation radicale - communauté francophone, Julien Marcinkowski, Dominique Bourg, Adrastia, S-composition, Fabrice Bonnifet, Daniel Rodary et Delphine Batho.  

L'adaptation, fil rouge de l'édition 2025

L'adaptation au dérèglement climatique a été une sorte de fil rouge de ces journées. Ce n'est ni une évidence technique, ni une parenthèse temporaire : c'est un projet politique, un changement de civilisation.

On ne s'adapte pas en ajoutant quelques capteurs ou en multipliant les scénarios :

  • On s'adapte en reconnaissant que nous ne reviendrons pas « à la normale » ;
  • On s'adapte en se préparant collectivement à l'incertitude ;
  • On s'adapte en renonçant à certains conforts, pour préserver l'essentiel.

+4 °C est un scénario probable.

La Camargue, le Marais poitevin, certaines forêts ne survivront pas tels que nous les connaissons. Nous devons - et pouvons - nous y préparer.

Entre le « tout va bien » et le « on va tous mourir », il y a des marges de manœuvre.

Cela suppose des choix, des arbitrages, une nouvelle culture du risque, une refondation des solidarités locales. Faire de l'adaptation la matrice principale de nos choix, ce n'est pas du catastrophisme, ni un renoncement : c'est du pragmatisme, de la prudence.  

Faire ensemble, au plus près des gens

L'adaptation ne sera pas le résultat d'un plan parfait, mais d'une capacité à faire ensemble, à s'entraider, à reconnaître que certains territoires et certaines populations seront plus vulnérables que d'autres.

On ne pourra pas tout faire.

On ne pourra pas créer des infrastructures qui résisteront à toutes les situations. On ne pourra pas toujours compter sur les pouvoirs publics ou les assurances pour « couvrir » toutes les crises. Les territoires ruraux, qui n'ont parfois plus de service public, nous montrent que l'essentiel, c'est l'humain et l'entraide qui fait tenir.

Un plan d'adaptation commence par l'humain, va chercher la coopération et s'appuie sur le local.

Appel aux dirigeants d'entreprises et d'associations, élu·e·s, citoyen·ne·s

  • Et si nous faisions de l'adaptation le levier de nos stratégies et de nos politiques publiques ?
  • Et si nous faisions confiance à la peur comme signal d'alerte, à l'émotion comme moteur de mobilisation, à la limite comme fondement du projet ?
  • Et si la culture du risque devenait « normale », et ne pas s'en préoccuper « anormal » ?

L'adaptation n'est pas une transition : c'est un projet volontaire, à construire au plus près des gens, avec eux, pour eux.  

Vivre avec ses émotions : la dimension indispensable

J'ai eu la chance de participer à l'atelier « Vivre avec ses émotions » de Magali Telga (lien externe).

Cet atelier ludique de sensibilisation nous a donné le temps d'explorer, de parler et de redonner une juste place aux différentes émotions - peur, anxiété, colère, dégoût ou joie - qui peuvent nous traverser, particulièrement dans le contexte des enjeux sociétaux et environnementaux actuels.

J'y ai découvert comment les émotions que nous ressentons sont nos meilleurs lanceurs d'alerte.

Une conviction qui rejoint directement notre posture chez metamorfoZ : la transformation écologique se fera avec l'accueil de nos émotions.

Pour continuer à creuser le sujet et le partager, je me suis procuré les trois BD d'Art Mella (lien externe) qui sont aujourd'hui un livre de chevet.  

Et maintenant ?

Chez metamorfoZ, nous faisons de l'adaptation un axe à part entière de l'accompagnement des organisations et des territoires : ateliers de sensibilisation ADACC, pré-diagnostic de vulnérabilités, plans d'actions « robustesse ».

Et vous, quelle place tient l'adaptation dans votre stratégie ?